La vie personnelle et la vie professionnelle sont souvent présentées comme deux univers séparés. Dans la réalité, la frontière est parfois beaucoup plus fine. Une séparation difficile, des problèmes financiers, une maladie ou des violences vécues au sein du foyer peuvent avoir des conséquences jusque dans la vie professionnelle.
Les violences conjugales peuvent prendre différentes formes : violences physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou encore comportements de contrôle. Dans le cadre des violences au sein du couple, les pouvoirs publics rappellent notamment que celles-ci reposent sur des actes, propos ou comportements visant à contrôler ou dominer son ou sa partenaire ou ex-partenaire.
Pour l’entreprise, le sujet est particulièrement délicat. Jusqu’où peut-elle intervenir ? Comment réagir face à un collaborateur qui semble en difficulté ? Que faire lorsqu’un salarié se confie ?
L’objectif n’est évidemment pas de faire entrer l’entreprise dans la vie privée de ses collaborateurs. En revanche, le lieu de travail peut devenir un point d’appui pour une personne confrontée à des violences.
Chez SISE, les Assistant(e)s de service social et les psychologues du travail accompagnent les salariés et les entreprises de Dunkerque, Coquelles et plus largement des Hauts-de-France face aux situations personnelles et professionnelles pouvant affecter la santé et le bien-être au travail.

Violences conjugales : des répercussions sur la sphère professionnelle
Une personne victime de violences peut continuer à venir travailler, participer aux réunions et accomplir ses missions sans que son entourage professionnel ait connaissance de sa situation.
Pour autant, ce qu’elle vit dans sa sphère privée peut avoir des répercussions au travail.
Fatigue importante, anxiété, difficultés de concentration, absences inhabituelles, isolement ou changement de comportement peuvent parfois apparaître. Mais il est essentiel de rester prudent : aucun de ces signes ne permet, à lui seul, de conclure qu’une personne est victime de violences.
C’est justement là que se situe toute la difficulté pour les collègues et les managers.
Il ne s’agit pas de chercher à identifier une victime à tout prix, encore moins d’enquêter sur sa vie personnelle. Il s’agit plutôt de savoir rester attentif lorsqu’un changement inhabituel est observé et de créer les conditions permettant au salarié de demander de l’aide s’il en ressent le besoin.
Le travail peut d’ailleurs représenter un espace important pour une personne en difficulté : un lieu où elle maintient des relations sociales, conserve une certaine autonomie et peut trouver des interlocuteurs de confiance. Par ailleurs, certaines violences peuvent aussi se prolonger sur le lieu de travail : appels répétés, harcèlement, venue du ou de la conjoint(e) ou ex-conjoint(e), surveillance, etc. Il est donc important de réfléchir aux mesures permettant de protéger le salarié lorsque la situation présente également un risque sur le lieu de travail.
La prévention peut commencer par une question simple : un salarié en difficulté sait-il à qui s’adresser dans son entreprise ?
Salarié en difficulté : savoir trouver les bons mots
Lorsqu’un collaborateur évoque une situation de violence, la première réaction est souvent de vouloir immédiatement trouver une solution.
Pourtant, écouter est déjà une première étape importante.
Le manager, le responsable RH ou le collègue n’a pas à établir les faits ni à obtenir tous les détails de la situation. Son rôle consiste avant tout à accueillir la parole avec respect et à permettre à la personne d’être orientée vers les interlocuteurs compétents.
Certaines formulations simples peuvent aider :
« Si vous souhaitez en parler, je suis disponible. »
ou :
« Nous pouvons vous mettre en relation avec une personne qui pourra vous accompagner. »
À l’inverse, certaines réactions peuvent involontairement culpabiliser la personne : demander pourquoi elle n’est pas partie plus tôt, minimiser ce qu’elle raconte ou lui expliquer ce qu’elle « devrait » faire.
Les violences au sein du couple peuvent notamment associer contrôle, domination, violences psychologiques, économiques ou physiques. La situation est donc souvent beaucoup plus complexe qu’elle ne peut le sembler de l’extérieur.
L’entreprise doit également connaître ses limites.
Accompagner ne signifie pas se substituer aux professionnels spécialisés.
La bonne réponse consiste souvent à écouter, respecter la confidentialité dans le cadre applicable et permettre au salarié d’accéder aux bonnes ressources.

Assistant(e) de service social : un point d’appui pour avancer
C’est ici que le service social en entreprise prend tout son sens.
Un salarié confronté à des violences conjugales peut avoir besoin d’aide sur plusieurs dimensions simultanément : logement, budget, démarches administratives, accès aux droits, protection, organisation familiale…
L’Assistant(e) de service social offre un espace confidentiel dans lequel la personne peut exposer sa situation et être accompagnée selon ses besoins.
Son intervention ne consiste pas à décider à la place du salarié.
Elle permet de l’informer, l’accompagner dans ses démarches et l’orienter vers les professionnels ou dispositifs compétents.
Certaines mesures peuvent d’ailleurs répondre à des difficultés très concrètes. Par exemple, les victimes de violences conjugales peuvent, sous certaines conditions, demander le déblocage anticipé de leur épargne salariale. Des dispositifs juridiques existent également, comme l’ordonnance de protection.
L’Assistant(e) de service social peut ainsi contribuer à rendre plus lisible un parcours qui peut sembler particulièrement complexe lorsque la personne traverse déjà une période difficile.
Le psychologue du travail peut intervenir de manière complémentaire lorsque la situation affecte la santé psychologique, les relations professionnelles ou la capacité du salarié à poursuivre son activité dans de bonnes conditions.
Deux expertises différentes, avec un même objectif : ne pas laisser le salarié seul face à sa situation.
Violences conjugales : l’entreprise, un lieu d’écoute
Prévenir les conséquences des violences conjugales au travail ne signifie pas demander aux managers de devenir spécialistes du sujet.
L’entreprise peut en revanche créer un environnement dans lequel chacun sait qu’une difficulté personnelle peut être évoquée sans jugement.
Cela passe notamment par la sensibilisation des équipes RH et des managers, l’identification claire des interlocuteurs disponibles et la communication autour des dispositifs d’accompagnement existants.
L’enjeu est aussi de sortir d’une vision dans laquelle les problèmes personnels devraient systématiquement rester « à la maison ».
Certaines situations privées ont des conséquences très concrètes sur la santé, la sécurité et la vie professionnelle. Les reconnaître ne signifie pas supprimer la frontière entre vie privée et travail. Cela signifie simplement prendre en compte la personne dans sa globalité.
Cette capacité à écouter et orienter complète les démarches de prévention et de QVCT, qui restent centrées sur les conditions de réalisation du travail.
Chez SISE, cette approche repose sur la complémentarité des professionnels et sur une conviction simple : l’entreprise n’a pas vocation à entrer dans la vie privée de ses salariés. Mais lorsqu’une situation personnelle affecte la santé, la sécurité ou le travail, elle peut créer les conditions permettant à la personne de trouver le bon interlocuteur au bon moment. C’est là que la complémentarité entre l’entreprise, le service social et la psychologie du travail prend tout son sens.

Accompagnement des salariés en difficulté : SISE au service des entreprises et de leur personnel
Une entreprise ne peut pas résoudre une situation de violence intrafamiliale.
Elle peut néanmoins devenir un point d’appui essentiel en permettant à un salarié de trouver une écoute, une information et un accompagnement adaptés.
Les Assistant(e)s de service social et psychologues du travail de SISE accompagnent les salariés confrontés à des situations personnelles ou professionnelles difficiles et aident les entreprises à mieux prévenir leurs conséquences sur le travail.
SISE intervient auprès des entreprises de Dunkerque, Coquelles et plus largement des Hauts-de-France, dans une démarche humaine, confidentielle et adaptée à chaque situation.
👉 Vos managers ou équipes RH savent-ils comment réagir lorsqu’un salarié évoque une situation personnelle grave ? SISE peut vous accompagner pour structurer les bons relais et sensibiliser vos équipes.