L’emploi des seniors est devenu un enjeu majeur pour les entreprises. Avec l’allongement des carrières, les salariés sont amenés à travailler plus longtemps et les organisations doivent désormais réfléchir à la manière de préserver leur santé, leurs compétences et leur engagement dans la durée.
En 2025, le taux d’emploi des 50-64 ans a atteint 69,2 % en France, soit son plus haut niveau depuis le début du suivi par l’Insee en 1975. Cette progression s’inscrit dans une tendance de fond : en dix ans, ce taux a augmenté de 8,6 points.
Mais maintenir les salariés expérimentés dans l’emploi ne signifie pas simplement repousser leur départ de l’entreprise.
L’enjeu est surtout de leur permettre de poursuivre leur activité dans de bonnes conditions, en anticipant les difficultés qui peuvent apparaître au cours du parcours professionnel.
Et cette réflexion ne doit pas commencer seulement quelques années avant la retraite.
Le maintien dans l’emploi des seniors se construit tout au long de la carrière.

Emploi des seniors : pourquoi les entreprises doivent-elles agir dès maintenant ?
Lorsqu’on parle d’emploi des seniors, on pense souvent immédiatement à la retraite.
Le maintien dans l’emploi des salariés expérimentés est pourtant un sujet de dialogue social. Les échanges entre employeur, représentants du personnel et salariés permettent de mieux identifier les situations d’usure, les métiers particulièrement exposés ou encore les difficultés rencontrées dans certains parcours professionnels. Ce dialogue permet de partager les constats et de construire des réponses adaptées à la réalité du travail : évolution de l’organisation, aménagement des postes, transmission des compétences ou accompagnement des parcours.
L’enjeu est d’agir suffisamment tôt, avant que les difficultés ne conduisent à une rupture du parcours professionnel.
Tous les salariés ne vieillissent évidemment pas de la même manière et l’âge ne doit pas devenir un critère permettant de présumer des capacités d’une personne.
L’objectif est plutôt de s’interroger sur les conditions permettant à chacun de continuer à travailler durablement.
Cette question prend également une nouvelle dimension réglementaire. Depuis octobre 2025, les entreprises d’au moins 300 salariés concernées par les négociations obligatoires doivent intégrer une négociation spécifique sur l’emploi, le travail et l’amélioration des conditions de travail des salariés expérimentés. Celle-ci porte notamment sur leur recrutement, leur maintien dans l’emploi, l’aménagement des fins de carrière et la transmission des savoirs et des compétences.
Mais au-delà des obligations, le véritable enjeu est organisationnel et humain :
L’entreprise est-elle capable d’anticiper suffisamment tôt pour éviter qu’un salarié ne se retrouve en difficulté ?
Maintien dans l’emploi : comment prévenir l’usure professionnelle ?
Attendre l’apparition d’une douleur, d’un épuisement ou d’une situation d’inaptitude pour agir limite forcément les possibilités d’intervention.
La prévention de l’usure professionnelle doit donc commencer en amont.
Il peut s’agir d’identifier des gestes répétitifs, des manutentions difficiles, une posture contraignante, mais également une organisation générant une forte charge mentale ou un rythme de travail devenu difficile à maintenir.
C’est ici que l’ergonomie prend toute son importance.
L’intervention d’un ergonome ne consiste pas uniquement à remplacer une chaise ou la hauteur d’un écran. Son rôle est d’observer le travail réel : les gestes réalisés, l’environnement, les outils utilisés, l’organisation, les contraintes et les interactions.
Cette analyse permet ensuite d’identifier des pistes d’amélioration adaptées à la réalité de l’entreprise.
Parfois, quelques adaptations peuvent déjà améliorer une situation : réorganiser certaines tâches, modifier un équipement, revoir l’aménagement d’un poste, favoriser la récupération ou faire évoluer l’organisation.
Et ces actions ne profitent généralement pas uniquement aux salariés seniors.
Améliorer les conditions de travail aujourd’hui contribue à prévenir l’usure professionnelle de tous les salariés de demain.
Quelques signaux qui doivent inciter à agir : augmentation des restrictions médicales, douleurs récurrentes, absentéisme sur certains métiers, difficultés à tenir certains rythmes ou horaires, démotivation en fin de parcours, perte de compétences lors des départs, postes difficiles à pourvoir ou à tenir dans la durée.

Maintenir les salariés seniors en emploi : quelles actions mettre en place ?
Il n’existe pas une solution unique applicable à toutes les entreprises.
Le maintien dans l’emploi doit être construit en fonction des métiers, des contraintes et des besoins des salariés.
Une première action consiste à anticiper les parcours professionnels. Les échanges sur l’évolution du salarié permettent d’identifier ses besoins, ses difficultés éventuelles, ses compétences et ses perspectives.
L’adaptation des situations de travail constitue un autre levier important. Une évolution du poste, des horaires, de l’organisation ou de certaines missions peut parfois permettre de poursuivre une activité dans de meilleures conditions.
La transmission des compétences peut également être intégrée à cette réflexion.
Un salarié expérimenté possède une connaissance de son métier, de l’entreprise et de situations parfois difficiles à formaliser. Le tutorat, la transmission des savoir-faire ou l’accompagnement de collaborateurs moins expérimentés permettent de valoriser cette expérience tout en préparant l’avenir de l’entreprise.
Enfin, il est essentiel de prendre en compte la dimension humaine.
Une fin de carrière peut soulever des interrogations : évolution professionnelle, motivation, changement de rôle, difficultés personnelles, préparation de la retraite…
L’accompagnement doit donc aller au-delà de la seule adaptation physique du poste.
Comment accompagner les salariés expérimentés grâce à une approche pluridisciplinaire ?
Favoriser le maintien dans l’emploi suppose souvent de croiser plusieurs regards.
Chez SISE, l’ergonome, le psychologue du travail et l’Assistant(e) de service social peuvent intervenir de manière complémentaire selon les situations rencontrées.
L’ergonome analyse les situations de travail afin d’identifier les contraintes et de proposer des adaptations favorisant la santé et le maintien dans l’emploi.
Le psychologue du travail peut accompagner les salariés et les équipes face aux évolutions professionnelles, aux difficultés rencontrées, aux situations de stress ou aux risques psychosociaux.
L’Assistant(e) de service social accompagne les salariés confrontés à des problématiques personnelles, sociales ou administratives susceptibles d’avoir des répercussions sur leur parcours professionnel. Il peut également informer et accompagner les collaborateurs dans certaines démarches liées à l’évolution de leur situation.
Cette complémentarité permet de ne pas réduire la question de l’emploi des seniors à l’âge ou à l’état de santé.
Il s’agit au contraire de considérer le salarié, son parcours et sa situation de travail dans leur globalité.
Maintien dans l’emploi : comment construire une politique adaptée à son entreprise ?
Une politique efficace en faveur de l’emploi des seniors ne peut pas reposer uniquement sur quelques mesures mises en place en fin de carrière.
Elle nécessite d’abord de comprendre la réalité de l’entreprise.
Quels métiers présentent les contraintes les plus importantes ? Certaines populations rencontrent-elles davantage de difficultés ? Quels postes peuvent évoluer ? Comment les compétences sont-elles transmises ? Les salariés disposent-ils d’espaces pour évoquer leurs difficultés et leurs perspectives professionnelles ?
Ce diagnostic permet ensuite de construire des actions individuelles et collectives adaptées au terrain.
L’objectif n’est donc pas uniquement de « maintenir les seniors en emploi ».
Il s’agit de créer des conditions permettant aux collaborateurs de vieillir au travail dans de bonnes conditions, tout en préservant les compétences dont l’entreprise a besoin.
C’est pourquoi la prévention doit commencer bien avant que la question de la retraite ne se pose.
Anticiper, adapter et prévenir : trois leviers essentiels pour limiter les ruptures de parcours et favoriser durablement le maintien dans l’emploi.

SISE accompagne les entreprises dans le maintien dans l’emploi
SISE accompagne les entreprises dans la construction et la mise en œuvre d’actions adaptées à leurs enjeux et à leurs réalités de terrain.
Grâce à la complémentarité de ses ergonomes, psychologues du travail et Assistant(e)s de service social, SISE peut intervenir sur différentes dimensions du maintien dans l’emploi : prévention de l’usure professionnelle, analyse des situations de travail, accompagnement des salariés ou encore réflexion autour des parcours professionnels.
SISE intervient notamment auprès des entreprises de Dunkerque, Coquelles, Boulogne-sur-Mer, Rang-du-Fliers et des territoires environnants des Hauts-de-France afin de construire des démarches de prévention concrètes et durables.
👉 Vous souhaitez anticiper le vieillissement de vos équipes et favoriser durablement le maintien dans l’emploi ? Contactez SISE pour construire un accompagnement adapté à votre entreprise.